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Mes enregistrements

Dernière mise à jour : 28 nov. 2022

J'aime la situation d'enregistrement, moment très particulier où le temps est compté, la concentration maximale et la nécessité de faire des choix omniprésente. Travailler avec un bon preneur de son/directeur artistique est une aventure passionnante. Les oreilles s'ouvrent à une autre forme d'écoute. L'intensité du travail, le découpage parfois en séquences assez brèves demandent aux chanteurs un investissement de chaque instant. Prendre en compte l'énergie du groupe, le redynamiser est un exercice délicat également.


C'est avec l'ensemble vocal Pythagore que j'avais créé en 1988 à Paris que j'ai enregistré mon tout premier CD autoproduit en 1998 en l'église de Lévis-Saint-Nom (78) sur un orgue positif de Yves Sévère. Je reste fière de la version du psaume XVIII de Marcello, enregistré pour l'air Santa divina legge avec un violoncelle baroque, suite à des recherches effectuées à la bibliothèque nationale qui m'avaient permis de trouver le manuscrit original avec cette partie instrumentale, indépendante du continuo. Ma pièce préférée est cependant le Hear my prayer de Purcell, long crescendo plein de dissonances qui se résout en quelques secondes à la fin.




Avec le même ensemble auquel s'était ajouté l'ensemble vocal Jean-Pierre Loré, j'ai participé en 1990 au premier enregistrement du Requiem de Pleyel. Un double CD Pleyel et les contemporains de Mozart en France avec une belle distribution de solistes (Claire Louchet et Sandrine Piau, sopranes, Catherine Cardin, mezzo, Hervé Lamy, ténor et Jacques Bona et Jean-Louis Jardon, basse) sous la direction de Jean-Pierre Loré.




Toujours avec l'ensemble vocal Pythagore, c'est en 1995 que j'ai enregistré les Cantiques de Lefébure-Wély avec Vincent Genvrin au grand orgue Cavaillé-Coll de la Madeleine à Paris pour les éditions Hortus. Que de souvenirs pour ce disque ! Il fallait grimper à la tribune et pour moi, facilement sujette au vertige, c'était difficile. Enregistrer après le dernier métro (mise en voix à 1 heure du matin) et avec des lampes frontales car la tribune est très étroite et très mal éclairée était aussi un challenge ! Sans parler de l'acoustique de la Madeleine (j'ai fini par enregistrer au casque pour savoir ce que les micros captaient et ne pas me fâcher avec le preneur de son, Roger Lenoir, que j'appréciais beaucoup et avec lequel j'avais enregistré mon premier disque). Je n'oublierai pas non plus les textes de ces cantiques qui nécessitent de bien s'imprégner de l'époque pour arriver à les défendre... Mais quel plaisir que la découverte de ce grand orgue avec tous ses jeux incluant des oiseaux et le tonnerre !


Ce CD a fait l'objet d'une réédition en 2003 sous le titre Motet à la Sainte Vierge.

La critique musicale a salué ce CD : « Les interprètes n'ont apparemment qu'un seul but, nous faire partager leur plaisir !.... Une heureuse et splendide initiative. » S. Gasser - 9 de Répertoire. Lefébure-Wely est l'organiste le plus populaire du Second Empire. Ses cantiques et pièces d'orgue, vrais « tubes » ont été chantés et joués dans tout la France sous la Troisième République. Premier titulaire de l'orgue Cavaillé-Coll de la Madeleine, inspiré par Meyerbeer, Lefébure-Wely s'essaye au style de l'Opéra Comique, en transposant à une fin liturgique le répertoire de la salle Favart. Ces motets témoignent d'une réelle ferveur religieuse et apportent une touche de sentimentalité à son expression.


Autre très bon souvenir d'enregistrement, celui des Carmina Burana dans leur version médiévale. C'était en 2000. J'avais créé, dans le cadre de mes fonctions de directrice artistique du Centre d'art polyphonique de Bourgogne, un atelier stylistique de 12 chanteurs à la demande d'Alain Carré, acteur-récitant et de l'ensemble de musique médiévale le Concert dans l'œuf. Le programme a été rodé pendant le festival de St Antoine l'abbaye en Isère, puis enregistré dans la foulée à Eourres, petit village perché dans les Baronnies provençales dans lequel j'ai eu le plaisir de retrouver Jorge Milchberg avec lequel j'avais travaillé sur d'autres projets à Paris. Son fils, Olivier, était l'un des deux preneurs de son de ce disque.


Autre aventure d'enregistrement, lié à mes fonctions, en 2006, avec le CD Bonjour mon frère. Un chargé de mission de l'association départementale de Côte d'or m'avait apporté une copie d'une partition qui lui avait été transmise par le fils d'un rescapé du camp de concentration du Struthof afin de me demander mon avis. A la lecture, je me suis dit que cela devait être une partie d'alto d'une pièce à plusieurs voix. Sans les autres voix, je ne pouvais pas me faire une idée de la musique ! Ce moment a été le début d'un long travail pour créer une sorte de témoignage musical et poétique autour des pièces d'Eugène Marlot et d'Arthur Poitevin, tout deux déportés au Struthof. La lecture du livre Sac d'os d'Eugène Marlot (bourguignon) rescapé de ce camp, a été une grande source d'inspiration pour moi. Je reste très émue par l'enregistrement dans les studios de l'ArtDam à Longvic avec, le dernier jour, la visite d'anciens déportés qui se souvenaient de certaines pièces musicales.


Je ne terminerai pas ce long article sans citer deux autres enregistrements auxquels j'ai participé comme conseillère artistique.


En 2011, le chef de l'ensemble vocal féminin Les Ligérianes, Gilles Demurger m'avait sollicitée pour la direction artistique de leur premier enregistrement dédié aux œuvres pour voix de femmes de Cécile Chaminade. Il s'est déroulé dans le Château de Prye dans la Nièvre.

Il est possible d'en entendre des extraits

qui montrent à quel point cette compositrice mérite d'être plus connue.




Autre rôle de conseillère artistique pour le CD Jeanne et la chambre à airs… en 2019 sur une musique de Yannaël Quesnel et un livret de Karin Serres. J'ai surtout fait travailler les morceaux d'ensemble aux solistes de ce très beau spectacle mis en scène par Christian Duchange avec Agathe Peyrat dans le rôle de Jeanne. Beau reportage de FR3 sur cette production de la Compagnie l'Artifice.



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