Le "petit rouge"

Ainsi nomme-t-on les marquoirs les plus populaires à la fin du XIXème siècle et dans la première moitié du XXème. Ce sont des abécédaires réalisés au point de croix avec un fil de coton rouge par des jeunes élèves à l'école élémentaire (de 7 à 11 ans). Le livre de Brigitte Franche Marquoirs et Trousseaux en Bourgogne ou De l'éducation des filles, paru aux éditions de l'Armançon est passionnant pour comprendre l'hsitoire de ces ouvrages et tout ce qu'ils représentent.

Je les collectionne depuis plusieurs années, au hasard des vide-greniers et des brocantes. J'aime les signatures datées qui font apparaître un personnage dont on ne sait rien d'autre que le nom. Quoique ! Parfois, des traits de caractère apparaissent dans le choix ou non d'agrémenter par des dessins la rigueur de l'alphabet, de broder de façon très régulière ou moins, avec des lignes qui dévient ou des lettres qui sont oubliées... Celui déniché ce mois-ci est signé en 1891 par Marie Ripard. La façon dont elle s'applique à aller jusqu'au bout des lignes, quitte à couper son prénom bizarrement, est très touchante je trouve.

L'origine sociale des brodeuses se lit aussi très facilement. L'abécédaire de grande dimension qui m'a été offert pour mon anniversaire cette année est brodé avec de la soie dans un camaïeu de tons verts et dorés et laisse à penser que la jeune fille vivait dans un milieu aisé.

De mon côté, j'ai brodé du linge en rouge il y a quelques années dans la tradition des trousseaux, mais c'était bien après mon mariage ! Le centre de la nappe est brodé avec l'initiale des prénoms des quatre membres de la famille. Les serviettes sont ornées d'un monogramme. J'ai fait tout l'alphabet !